Carte blanche 2026 à Charlotte Stuby
Chaque année, au travers d’une carte blanche, un·e artiste veveysan·ne est invité·e à proposer un projet artistique illustrant son regard sur sa ville. En écho aux interventions et expositions dans l’espace public, le projet habille les en-têtes du site, comme une galerie virtuelle.
Charlotte Stuby a développé une pratique artistique autour du textile, abordé comme un matériau populaire et fonctionnel, qu’elle détourne de ses usages attendus. Couture, appliqué, broderie, tissage ou tapisserie deviennent des gestes frontaux et affirmés, donnant naissance à des installations textiles narratives. Par la superposition de formes figuratives et abstraites, souvent limitées à une palette de couleurs primaires, ses pièces composent des images ouvertes, rythmées et expansives, inspirées d’insignes liés au territoire et aux récits collectifs, où la joie agit comme une force qui pousse les formes à se déployer et à se construire.
Depuis quelque temps, son travail de composition connaît une bifurcation. Charlotte Stuby introduit le métal — notamment l’étain fondu — dans ses compositions. Ces éléments, souvent de petite échelle, viennent confronter la souplesse du tissu à la rigidité et au poids du métal. De cette rencontre naissent de nouvelles formes, plus denses, où la matière affirme sa présence et trouve un nouvel élan, capable de générer tensions et récits.
Parallèlement, l’artiste opère un retour à une échelle plus réduite, explorant des assemblages plus compacts et condensés. Inspirée par les systèmes de signes, les motifs ou les ornements, elle développe une pratique où chaque élément agit comme un fragment, parfois proche de l’amulette : un objet dense, chargé d’une énergie poétique.
Pour sa carte blanche au Service de la culture de Vevey, Charlotte Stuby imagine un projet en trois temps, qui débute avec une collecte d’étain auprès des habitant·e·s. Un événement célébratoire permettra ensuite de réunir le public autour des nouveaux objets refaçonnés à partir des objets de la collecte. Enfin, dans un troisième temps, Charlotte présentera une exposition qui regroupera différentes œuvres, en étain mais aussi en tissu, issues d’une année de work in progress.
À travers cette carte blanche, l’artiste souhaite raconter les liens tissés dans la ville et célébrer le collectif. La joie y est envisagée comme un outil essentiel : une puissance partagée, une force douce mais persistante, capable de créer du commun, de résister par le rassemblement et de transformer des objets ordinaires en gestes de célébration.

