Baiju Bhatt
Violoniste
Baiju Bhatt
Violoniste

Baiju Bhatt

Depuis de nombreuses années, le musicien Baiju Bhatt fait vibrer la région avec sa musique solaire et bourrée d’influences, qui crée des ponts entre les styles et les cultures. Installé à la Place Scanavin, à une porte du « Syrien » qu’il affectionne tout particulièrement, le violoniste a toujours un pied à Vevey et un pied en Orient.

Formé au violon classique puis au violon jazz (sans doute un des premiers violonistes en Suisse à tenter ce pari), le Veveysan pratique la musique depuis sa plus tendre enfance. Une passion héritée de son père et de sa famille paternelle, originaire du Rajasthan :

« Tout le monde dans ma famille paternelle était musicien ou musicienne. Il y avait toujours de la musique à la maison. Moi, je ne fais pas de la musique indienne, mais j’aime incorporer des éléments de ma culture dans mon art. Ma musique est donc très métissée, mais surtout très libre. »

Si sa formation classique lui inculque la discipline et une connaissance parfaite de son instrument, le jazz lui permet de laisser un plus libre cours à son goût pour l’improvisation et l’expérimentation.

Depuis 2013, il enseigne au Conservatoire et à l’HEMU Lausanne, l’établissement qui l’a formé, où il dirige pédagogiquement et artistiquement notamment les ensembles « mini-strings » et « mini-swings ». Comme lui, ses jeunes élèves sont issu·e·x·s de l’enseignement classique mais explorent, à travers ces formations de groupe, la magie du live et du jouer ensemble.

« Quand on apprend à jouer d’un instrument, la musique d’ensemble est ce qui donne du sens à la pratique. »

De son côté, il évolue avec plusieurs groupes musicaux, notamment  le quintet Red Sun et le trio Zamakan, avec lesquels deux albums paraîtront prochainement. Tous les 18 mois, il met également sur pied le Creative Strings Festival, premier festival européen dédié à l’improvisation pour les instruments à cordes.

Ainsi, Baiju Bhatt porte de nombreuses casquettes, qu’il n’hésite pas à enfiler dès lors qu’il a l’opportunité de réunir des musicien·ne·x·s et de générer des synergies entre différentes influences et pratiques artistiques.

« C’est un métier difficile d’être un musicien indépendant. On essuie beaucoup de refus, on doit prendre à notre charge beaucoup de tâches pour peu de résultat, et souvent la musique est reléguée à un second plan. »

En ce sens, la période de la pandémie a été difficile et a généré beaucoup de frustration… jusqu’à ce que, forcé par les très petites jauges autorisées, il se mette à organiser ponctuellement des concerts dans un lieu secret pour un public restreint. Et là, dans l’ambiance intimiste et feutrée de son Caveau de la Licorne, Baiju Bhatt a retrouvé le bonheur de la musique live, de la proximité avec le public mais aussi avec ses collègues, une manière de répétition publique improvisée pour une petite poignée d’amateur·ice·s ou de connaisseur·euse·s hautement privilégié·e·s.

Privilégié également sera le public de samedi au Théâtre Le Reflet, où le violoniste présentera une « Valentine Jazz Night », où il jouera avec Red Sun et des invité·e·s de premier choix.

Crédits

Réalisation : societe-ecran media
Images : Sylvain Scarangella, Alexandre Bugnon
Interview : Elena Gilardoni
Photos : Sébastien Agnetti
Production : Culture Vevey